Le Canada dispose des terres, de l’eau et de l’expertise nécessaires pour répondre à la demande alimentaire mondiale en transformant une plus grande partie de ses récoltes en produits finis. Toutefois, le secteur agroalimentaire du pays a besoin d’investisseurs prêts à soutenir les entreprises qui souhaitent se développer. 

 

Cette occasion était au cœur de la table ronde intitulée « Le Canada en voie de devenir une superpuissance alimentaire : que faut-il pour y parvenir? », tenue dans le cadre de la 20e édition annuelle du Toronto Global Forum organisée par le Forum économique international des Amériques (FEIA). La table ronde, animée par Ashley Salazar, chef, Initiatives sectorielles et partenariats., BMO Entreprises, Canada, réunissait les intervenants suivants :  


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    Justine Hendricks, présidente et chef de la direction, Financement agricole Canada (FAC) 

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    Arlene Dickinson, associée commanditée chez Velocity Agri-Capital Partners, et membre de longue date de l’équipe de l’émission « Dragons’ Den » diffusée sur les ondes de CBC. 

 

La séance a porté sur les moyens permettant aux entreprises agroalimentaires canadiennes de renforcer leur autonomie, de conquérir des marchés à l’étranger et de trouver le financement nécessaire à leur croissance. Voici les faits saillants : 

 

Le Canada à l’honneur 

 

Pour Justine Hendricks, le Canada est déjà une superpuissance agricole et alimentaire. Elle estime toutefois que le pays doit innover avec plus d’audace. 

 

Mme Hendricks a déclaré que le Canada est généralement perçu comme un exportateur de produits agricoles de haute qualité plutôt que comme un fabricant de produits finis. Elle a notamment indiqué que certaines pâtes vendues en Italie sont fabriquées à partir de blé canadien et que certains fabricants de moutarde de Dijon utilisent des graines de moutarde canadiennes. « Cela signifie que le Canada perd une part de valeur ajoutée au cours de cette étape finale à l’étranger », a ajouté Mme Dickinson. 

 

Selon Mme Dickinson, les droits de douane ont mis en évidence la dépendance du pays envers les États-Unis, son principal client, tandis que les inondations et les incendies ont rendu la question de la sécurité alimentaire encore plus urgente. « Maintenant que les politiques et les capitaux vont de pair, il est temps d’investir dans un secteur qui contribue à nourrir les populations du monde entier. Non seulement le secteur agroalimentaire canadien a été négligé, mais il est aujourd’hui sous-évalué, a-t-elle affirmé. C’est une occasion d’investissement qui m’enthousiasme beaucoup. » 


Ashley Salazar, Justine Hendricks et Arlene Dickinson au Toronto Global Forum

   

Compte tenu des nombreuses façons d’accroître la valeur des cultures canadiennes, Ashley Salazar, de BMO, s’est demandé quelle voie offrait les meilleures perspectives. Mme Dickinson estime que le Canada devrait s’attaquer à tous ces aspects, de la transformation à la commercialisation, en passant par les marques et l’innovation. Pour toucher davantage de consommateurs à l’échelle mondiale, les produits alimentaires canadiens doivent s’adapter aux goûts et aux préférences en matière d’emballage des clients internationaux.  

 

« Cela exigera d’accroître les capacités de transformation, a-t-elle souligné, notamment en s’appuyant sur la robotique dans certaines installations. Il faudrait construire davantage d’usines de fabrication dans les régions rurales du Canada, a-t-elle ajouté. Ce qui créerait davantage d’emplois. » 

 

Élargir le champ d’action 

 

Alors que les entreprises agroalimentaires canadiennes diversifient leurs échanges commerciaux et explorent de nouveaux marchés au-delà des États-Unis, Mme Dickinson a affirmé qu’elles devaient chercher à en savoir plus sur ces clients. Son fonds collabore avec un partenaire asiatique afin d’aider les entreprises canadiennes à s’implanter à l’étranger, tout en favorisant le transfert au Canada des idées et de l’expertise acquises dans cette région.  

 

Mme Hendricks a estimé que la diversification des échanges commerciaux dans le secteur canadien des aliments et des boissons représentait une occasion d’affaires estimée à 12 milliards de dollars. Elle a fait valoir que le développement sur de nouveaux marchés permettrait également aux entreprises de réduire leur dépendance à l’égard d’un seul client. 

 

« Ces débouchés s’étendent également à la propriété intellectuelle liée à ces produits alimentaires », a observé Mme Dickinson. Les innovations canadiennes qui permettent aux agriculteurs de faire face à des conditions météorologiques difficiles ou de préserver les ressources en eau pourraient également être utiles aux pays confrontés à des défis semblables.  

 

Elle estime que le Canada dispose déjà des talents nécessaires pour mettre au point ces solutions et les vendre à l’étranger. « Nous sommes reconnus dans le monde entier pour la qualité des aliments que nous produisons, a-t-elle déclaré. Nous devons désormais nous faire connaître pour notre capacité à mettre notre agriculture au service de l’alimentation mondiale de manière plus efficace. » 

 

Un appétit pour l’investissement 

 

Alors que le financement constitue déjà un obstacle, Mme Salazar a demandé quels autres facteurs pouvaient freiner les entreprises alimentaires prometteuses dans leurs projets d’expansion à l’étranger. Mme Dickinson a mis en garde Ottawa contre tout risque de complaisance, soulignant que les entreprises pourraient quitter le Canada après avoir atteint une certaine taille. 

 

Alors que certaines de ces entreprises s’installent aux États-Unis pour croître, d’autres mettent la clé sous la porte faute de pouvoir obtenir du financement. Elle a exhorté les caisses de retraite qui investissent des milliards à l’étranger à privilégier les réinvestissements dans ce secteur au pays. « Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre que des investisseurs étrangers viennent placer leurs capitaux au Canada, a-t-elle déclaré. Nous devons d’abord investir nos propres capitaux ici. » 

 

Pour contribuer à combler cet écart, Mme Hendricks a indiqué que la branche d’investissement de FAC avait injecté près de 500 millions de dollars dans les technologies agricoles et alimentaires en environ 18 mois, attirant ainsi environ 3 $ de la part d’autres investisseurs pour chaque dollar investi par FAC.  

 

Par ailleurs, FAC propose désormais des financements de projets pour les installations de transformation et de fabrication. Grâce à sa connaissance du secteur, FAC peut collaborer avec d’autres prêteurs sur des opérations de moindre envergure qu’ils auraient autrement négligées. 

 

En conclusion, Mme Salazar a demandé quelle serait la place du Canada dans cinq ans et quelles décisions nous devrions prendre dès aujourd’hui. Mme Hendricks a affirmé qu’elle s’attendait à ce que le secteur attire davantage d’étudiants, d’ingénieurs et de professionnels de la banque, qui le considèrent comme un élément essentiel de l’avenir du pays.  

 

Elle a également évoqué le développement des ports et du réseau ferroviaire afin d’acheminer davantage de produits canadiens vers les clients à l’étranger. « Notre capacité à nous diversifier deviendra progressivement l’un de nos atouts majeurs, a-t-elle déclaré. J’adore le sirop d’érable, mais d’un point de vue alimentaire, le Canada est bien plus que ça. » 

 

Le message de la table ronde est sans équivoque : le secteur alimentaire canadien possède les produits, les talents et l’accès aux marchés nécessaires pour être concurrentiel à l’échelle mondiale. Ce dont bon nombre d’entreprises en pleine croissance ont besoin aujourd’hui, c’est de financements adaptés et de partenaires de choix pour se développer sur le marché national. À mesure que le secteur alimentaire canadien prend de l’ampleur, le partenariat entre les investissements publics et privés sera essentiel pour permettre aux entreprises de poursuivre leur croissance au pays plutôt que de chercher des débouchés ailleurs. 

 

BMO, chef de file de longue date dans le financement du secteur agricole et alimentaire, continue d’appuyer les producteurs, les transformateurs et les entreprises agroalimentaires en leur fournissant le capital et l’expertise nécessaires pour accroître leurs activités, investir dans l’innovation et être concurrentiels à l’échelle mondiale. En tant que plus ancienne banque du Canada, BMO jouit d’une réputation de partenaire financier fiable, digne de confiance et qui a fait ses preuves au fil de plusieurs générations de croissance économique et de changements. 

 

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